"Poétique de la captivité : un phono qu’on regarde sans l’écouter. Petite flaque de nuit où tremble une lueur — et cela fait penser à des choses lourdes et solitaires, à des eaux noires, à un canal au sortir de la ville, un canal entre des abattoirs et des usines…"

Hyvernaud, Carnets d’oflag, 1944

Hyvernaud : Notes de province

Huit heures.
Des enfants qui s’en vont en classe, et leurs mamans en camisoles, les deux pieds nus dans des pantoufles.
Un chien sale frôle les poubelles.
Pots de lait, coups de balais, lettres…

Onze heures.
Les petites ouvrières dans la rue. L’heure des bras nus, des nuques nettes, des rires voyous et des yeux pleins de soleil.

Midi.
Apéritifs bleus ou verts, dans de grands verrres.
Les gestes précis et prestes du garçon - blanc sur noir - autour du seau à glace.
Des crânes moites inclinés sur une manille.
Garçon ! L’Officiel de ce matin, s’il vous plaît !

Quinze heures.
Dans un square où le jet d’eau soupire des vers de Verlaine…
Des bébés ronds jouent à pleurer parmi les géraniums mouillés.
Que mon coeur, mon coeur a de peine…

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Radio Elvis : Pire (Annegarn)

Gal Costa : Antonico (Ismael Silva)

dehors la poésie

la. poésie. DE:HORS.

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Cros : Soir

Je viens de voir ma bien-aimée
Et vais au hasard, sans desseins,
La bouche encor tout embaumée
Du tiède contact de ses seins.

Mes yeux voient à travers le voile
Qu’y laisse le plaisir récent,
Dans chaque lanterne une étoile,
Un ami dans chaque passant.

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Désiree Lèzebot : Ce soir à la brunette

Franc-Nohain : Sollicitude

Appétit vigoureux, tempérament de fer,
Member languit, Member se meurt — ami si cher…
            Qu’a Member ?

Eh ! Momille, bonjour ! comment va la famille ?
Le papa ?… la maman ?… tu pleures, jeune fille ?
            Qu’a Momille ?

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"Quand je n’étais qu’au seuil de ce monde mauvais,
Berceau, que n’as-tu fait pour moi tes draps funèbres ?
Ma vie est un blason sur des murs de ténèbres,
Et mes pas sont fautifs où maintenant je vais.

Ah ! que n’a-t-on tiré mon linceul de tes langes,
Et mon petit cercueil de ton bois frêle et blanc,
Alors que se penchait sur ma vie, en tremblant,
Ma mère souriante avec l’essaim des anges !"

Nelligan

Murat : L’irrégulière

Prévert : Histoire du cheval

Braves gens écoutez ma complainte
écoutez l’histoire de ma vie
c’est un orphelin qui vous parle
qui vous raconte ses petits ennuis
hue donc…
Un jour un général
ou bien c’était une nuit
un général eut donc
deux chevaux tués sous lui
ces deux chevaux c’étaient
hue donc…
que la vie est amère
c’étaient mon pauvre père
et puis ma pauvre mère
qui s’étaient cachés sous le lit
sous le lit du général qui
qui s’était caché à l’arrière
dans une petite ville du Midi.

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"La mère ne regardait rien, n’entendait qu’elle-même. « J’en mourrai, Docteur ! qu’elle clamait. J’en mourrai de honte ! » Je n’essayai point de la dissuader. Je ne savais que faire. Dans la petite salle à manger d’à côté, nous apercevions le père qui allait de long en large. Lui ne devait pas avoir son attitude prête encore pour la circonstance. Peut-être attendait-il que les événements se précisassent avant de se choisir un maintien. Il demeurait dans des sortes de limbes. Les êtres vont d’une comédie vers une autre. Entre-temps la pièce n’est pas montée, ils n’en discernent pas encore les contours, leur rôle propice, alors ils restent là, les bras ballants, devant l’événement, les instincts repliés comme un parapluie, branlochants d’incohérence, réduits à eux-mêmes, c’est-à-dire à rien. Vaches sans train."

Céline, Voyage au bout de la nuit

"La notion de « grand poète » a engendré plus de petit poètes qu’il n’en était raisonnablement à attendre des combinaisons du sort."

Valéry, Tel Quel, 1, 35

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Nina Simone : House Of The Rising Sun