Akhmatova : À la Muse

Quand, la nuit, j’attends sa venue,
La vie ne tient plus qu’à un fil.
Que sont honneurs, jeunesse, liberté
Devant la douce visiteuse au chalumeau ?
La voici. Elle a rejeté son voile,
Elle me regarde avec attention.
Je lui dis : « Est-ce toi qui a dicté
À Dante son Enfer ? » Elle répond : « C’est moi. »

Jacques Bertin : Carnet

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Toulet : LXVII

Ô jour qui meurs à songer d’elle
      Un songe sans raison,
Entre les plis du noir gazon
      Et la rouge asphodèle ;

N’est-ce pas, aux feux du plaisir
      Inclinée et rebelle,
Elle encor, mais cent fois plus belle,
      Et de flamme à saisir ?

… Là-bas monte la voix dernière
      D’un bouvier sous les cieux.
On n’entend plus que ses essieux
      Qui grincent dans l’ornière.

David Firth : Milkman

Yeats : The Fish

Although you hide in the ebb and flow
Of the pale tide when the moon has set,
The people of coming days will know
About the casting out of my net,
And how you have leaped times out of mind
Over the little silver cords,
And think that you were hard and unkind,
And blame you with many bitter words.

(The Wind Among The Reeds)

"Il va falloir que j’invente une histoire. Je ne peux tout de même pas leur dire que j’ai tout laissé tomber pour une fille."

Depardon, Empty Quarters

49 notes

"Le philologue Brigant démontrait doctement que tous les idiomes de la terre dérivaient du bas-breton ; il lui paraissait très probable qu’Adam et Ève parlaient dans le paradis terrestre la langue qu’on parle à Quimper-Corentin ; seulement il ne savait pas au juste si c’était avant ou après leur péché."

Chateaubriand

"Poétique de la captivité : un phono qu’on regarde sans l’écouter. Petite flaque de nuit où tremble une lueur — et cela fait penser à des choses lourdes et solitaires, à des eaux noires, à un canal au sortir de la ville, un canal entre des abattoirs et des usines…"

Hyvernaud, Carnets d’oflag, 1944

Hyvernaud : Notes de province

Huit heures.
Des enfants qui s’en vont en classe, et leurs mamans en camisoles, les deux pieds nus dans des pantoufles.
Un chien sale frôle les poubelles.
Pots de lait, coups de balais, lettres…

Onze heures.
Les petites ouvrières dans la rue. L’heure des bras nus, des nuques nettes, des rires voyous et des yeux pleins de soleil.

Midi.
Apéritifs bleus ou verts, dans de grands verrres.
Les gestes précis et prestes du garçon - blanc sur noir - autour du seau à glace.
Des crânes moites inclinés sur une manille.
Garçon ! L’Officiel de ce matin, s’il vous plaît !

Quinze heures.
Dans un square où le jet d’eau soupire des vers de Verlaine…
Des bébés ronds jouent à pleurer parmi les géraniums mouillés.
Que mon coeur, mon coeur a de peine…

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Radio Elvis : Pire (Annegarn)

Gal Costa : Antonico (Ismael Silva)

dehors la poésie

la. poésie. DE:HORS.

2 notes

Cros : Soir

Je viens de voir ma bien-aimée
Et vais au hasard, sans desseins,
La bouche encor tout embaumée
Du tiède contact de ses seins.

Mes yeux voient à travers le voile
Qu’y laisse le plaisir récent,
Dans chaque lanterne une étoile,
Un ami dans chaque passant.

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